Killing Lincoln, le 14 mars sur National Geographic Channel

Publié le par Sylvain Thuret

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Un véritable engouement pour la figure de Lincoln habite actuellement nos écrans. Après le sympathique "Abraham Lincoln: Vampire Hunter" de Timur Bekmambetov et la grande fresque de Spielberg, voici "Killing Lincoln", un docufiction aux moyens ambitieux, co-produit par Scott Free Productions et prochainement diffusé en France sur National Geographic Channel. Fait intéressant, la Fox est impliquée dans ces trois projets.    

 

Une figure incontournable

Abraham Lincoln, James Garfield, John Fitzerald Kennedy... Le rapport étrange qu'entretiennent les américains avec la violence s'exprime aussi dans le nombre de présidents assassinés au cours de leur mandat. Lincoln fait probablement partie des présidents "historiques" les plus célèbres des Etats-Unis, notamment pour son côté "gentleman de gauche". Bien que républicain, son combat politique et militaire pour l'abolition de l'esclavage, au coeur de la guerre de Sécession opposant le nord et le sud des Etats-Unis, en ont fait, avec ses attributs comme sa barbe, son chapeau haut de forme et sa stature, une figure populaire voire mythologique de la culture américaine. Un statut conforté par la présence de son portrait sur le Mont Rushmore aux côtés de George Wahsington (premier président des USA), Thomas Jefferson (3ème président des USA), Théodore Roosevelt (26ème président des USA) et sa statue au Lincoln Memorial, faisant face au Capitole à Washington


A Scott Free production

Adaptation pour la TV d'un livre éponyme de Bill O'Reilly et Martin Dugard, il s'agirait de l'un des derniers projets du réalisateur et producteur Tony Scott, au sein de sa maison de production Scott Free Productions, peu avant son suicide en août 2012. Sa filmographie, très stylisée, un peu basique et très énergique, à rebours de celle de son frère, semble avoir montré la voie, bon an mal an, aux cinéastes fast & furious de la génération post-MTV comme Michael Bay ou Rob Cohen : une apologie constante de la vitesse, des couleurs flashy, des plans courts, des héros monosyllabiques... Fan un peu honteux de Top Gun, film phare de mes 8 ans dont je connais chaque ligne de dialogue en VF, de "Slider tu pues" à "Ma bite aussi coco" en passant par "Renseigne moi Goose", j'avais été assez impressionné par son "Man on Fire" aux anabolisants. Ce film a été le pinnacle d'un revirement critique en France à son endroit. Pendant que son frère Ridley exerçait ses talents an mode automatique, se faisant visiblement prodigieusement chier sur les tournages de films célébrés par la vox populi,  mais n'atteignant jamais les instants magiques du début de sa carrière, la critique s'est mise à se pencher plus sérieusement sur les films du petit frère, avec un revirement ayant débué avec "Ennemy of the State" en 98, qui s'est amplifié avec "Spy Game" en 2001 et qui s'est confirmé avec ce film assez génial, dont l'expérimentation permanente, ultra maîtrisée donne une cohérence et identité visuelle forte, en parallèle survitaminé d'un Michael Mann et qui influencera visiblement beaucoup les frères Houser pour la production récente de leur Max Payne 3, qui en reprend fiévreusement les codes visuels. Le présent programme est dédié à sa mémoire. 


Un programme rutilant 

Narré par Tom Hanks, un habitué des projets à tendance historico-pédagogiques (From the Earth to the Moon, The Pacific, Saving Private Ryan...), "Killing Lincoln" mêle fiction et fait historique, autour de l'assassinat du président par le sudiste John Wilkes Booth. Le programme bénéficie d'un casting intéressant, Lincoln étant interprété de façon marmoréenne par Bill Campbell (Rocketeer, Once & again, The 4400...). Mais c'est surtout la figure de l'assassin qui semble monopoliser l'attention des auteurs : interprété de manière flamboyante par le jeune acteur Jesse Johnson, qui s'avère être le fils de Don Johnson et de Lady d'Arbanville, son charisme évident dévore l'écran d'une séduction emprunte de folie, d'impuissance et de rage. En espérant que le cinéma, ou la télévision sache mettre un tel charisme à profit, afin de ne pas reproduire le désastre Waylon Payne, un jeune acteur possédant des atouts similaires et que je trouve sous-employé. 

Le budget, assez inhabituel pour ce type de programme, semble avoisiner les 5-10 millions de dollars et fait la part belle à de très belles images, à l'énergie contemporaine de programmes télévisés comme "Carnivale" ou bien "Deadwood". Soit des tons sépia et pisseux en filiation directe avec les travaux des plus grands DP du Nouvel Hollywood, à savoir Nestor Almendros et Vilmos Zgismond, responsables de la photo des "Moissons du Ciel" et "La Porte du Paradis". Ce docufiction partage d'autres connivences avec ces deux séries, dans la façon dont l'agonie de chaque personnage tire vers le macabre. 

Malgré une musique envahissante, scorie régulière de l'audiovisuel américain grand public, "Killing Lincoln" est une belle curiosité, un programme TV intéressant et clairement haut de gamme, à suivre sur National Geographic Channel à partir du 14 mars 2013. Un autre docufiction, consacré à l'assassinat de John Fitzgerald Kennedyest annoncé pour le courant de l'année 2013. 

Merci à Alix Cical et Gwendoline Oliviero de Fox International Channels pour leur accueil.


S.T.
Mars 2013




 

 

Publié dans Cinéma

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