Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 23:35

Bonjour tout le monde, si vous voulez suivre mes nouvelles aventures avec un webmag média & culture encore plus exigeant, rendez vous sur TheNightShift, mon tout nouveau projet 100 % anglophone ! 

http://thenightshiftwebmag.wordpress.com/ 

A bientôt et merci aux 400 lecteurs mensuels qui continuent de se rendre ici !

Sylvain 

 

Par Sylvain Thuret
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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 10:37

5 - Debasing

La Mensuelle ferme ses portes ! Afin de me consacrer en priorité à mes prochaines missions et de trouver une plateforme plus adaptée à mon travail, je clos le chapitre de trois années d'écriture, d'efforts et de belles rencontres médias & culture, dont voici un best of.

 

CINEMA


  • Interview vidéo d'Audionamix (Psycho, Inception, Sucker Punch), sélection Cannes classics 2010. Travail co-réalisé avec Michael Jarry, qualifié par notre interlocuteur de "supérieur à celui fourni par le Hollywood Reporter". 
    Interview + compte rendu journée : http://minu.me/4lqp 
  • Interview de M. Nicolas Girard Deltruc, Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, octobre 2010. "Texte très intéressant et bien construit" : http://minu.me/4lqt

  • "True Grit, un livre, deux films". Texte repris sur le blog officiel du Serpent à plumes : http://minu.me/4lqx
     
  • Georges Romero, feux d'artifices, avec une illustration originale d'Alexandre Thomassin. Un ami journaliste travaillant pour Canal + "Tu avais raison pour le feu d'artifice" : http://minu.me/4lr1
     
  • Michael Douglas, liaisons fataleshttp://minu.me/4lr2

 

GAMING CULTURE

  • Gotta have soul, vidéo clip sur le Festival du jeu vidéo 2009, filmé avec les pieds, monté avec le coeur. 
  • La chaîne GONG, rencontre avec M. Bertrand Humblot, vice-président, avril 2011. "Travail intelligent qui donne des points de contexte" http://minu.me/4lr5
  • L'association MO5, vers une cinémathèque du jeu vidéo ? http://minu.me/4lr7
  •  
  • Enslaved, beautiful trip, texte adressé au studio Ninja Theory, qui me suit depuis sur Twitter. En anglais : http://minu.me/4lrx

MUSIQUE

  • Interview Felipe Munhoz, jeune espoir de la culture Brésilienne, repéré par Neil Young.com... et la Mensuelle. Felipe a depuis reçu une bourse nationale l'aidant à boucler un essai sur Philip Roth. Il travaille également sur son premier album et termine un receuil de nouvelles. "Tu fais du bon travail Sylvain, continue". En anglais : http://minu.me/4lr9

  • The Return of vinyl culture, essai sur la place du vinyl dans l'industrie musicale actuelle. Rencontre avec le label 4AD en octobre 2009. Echanges avec Fedge communications (His name is alive) par mail. En anglais http://minu.me/4mxf
     
  • Rédacteur sur le site Leonardcohensite.com, la plus grande communauté francophone reconnue par M. Cohen. J'y ai crée la rubrique Facts : http://minu.me/4lra

 

LITTERATURE


  • Interview de Robert McLiam Wilson (Eureka street, Ripley Bogle), avec le Book-in-bar et le réseau TV7 d'Aix-en-Provence. Interview reprise par le site Escales littéraires. Suscite beaucoup de curiosité de la part de ses lecteurs ! J'ai pu le saluer récemment devant la Gaité lyrique où il participait à une installation vidéo.

  • Riz noir, fiction de soie, en collaboration avec le Sceren / Ministère de l'Education. Texte mis en ligne sur l'intranet du Sceren et transmis à l'auteur http://minu.me/4lri
            
  • Argan le visionnaire au Pavillon noir d'Aix en Provence, texte repris sur le blog du chorégraphe Benjamin Lamarche : http://minu.me/4mxd

POINTS CULTURE

  • Conférence Prospectives culturelles, un travail de fond du Ministère de la culture et de la communication, compte rendu du 22 mars 2011 : http://minu.me/4lrm
     
  • Conférence de presse Marseille-Provence 2013, compte rendu, janvier 2011 : http://minu.me/4lrr

  • Journées médias d'Euromed, journalisme connecté et contrepouvoir, mars 2011. En anglais : http://minu.me/4nuu

 

Afterword

La Mensuelle au départ, c'était une newsletter media & entertainment qui a connu un premier numéro fin 2007, adressé par PDF à une centaine de contacts. Avec un seul retour positif d'une "accro", qui avait imprimé la lettre et la lisait avec son copain le soir avant de se coucher : "A quand la suite ?" Vue l'ampleur du travail effectué et même si j'avais établi la charte graphique, une grosse partie de l'effort initial, j'ai décidé d'ouvrir un blog (mon second en fait) pour plus de "facilité" et rattrapper le train en marche. Avec beaucoup de questionnements bloquant, qui sont visiblement des questions auxquelles nous sommes tous un peu confrontés face au web, à base de : "dois je écrire ce que je pense", "dois je signer de mon vrai nom", "vais je assumer mes idées au point de les formaliser par écrit et de les publier" etc, etc, etc. Mes observations à ces questions sont au coeur d'un document pédagogique et pratique sur lequel je planche actuellement. 

La cadence du blog a véritablement augmenté en juillet 2009 à l'occasion de vacances studieuses, pour devenir l'équivalent d'un vrai boulot début 2010, avec des périodes où je travaillais sept heures pour payer les factures et 5 autres pour faire mon véritable métier : écrire et partager en ligne sur les médias audiovisuels. Vers août 2010, j'ai consulté les stats mensuels et vu que 300 personnes étaient passées sur mon blog en plein été, alors que je n'utilisais aucun réseau social pour partager mes textes à ce moment là et n'utilisais d'aucun artifice pour me faire connaître auprès de blogueurs établis, étant du genre à aller voir ceux qui ont du talent sans me soucier de leur force de frappe, au point d'hésiter à pondre un texte sur ce champion de Rémi Gaillard, un modèle pour tous les pakistanais du web, la seule fois il me semble où j'ai approché consciemment un compromis entre quelque chose de "populaire" et de primordial. Puis, à défaut de commentaires, j'en reçois peu, j'ai commencé à voir se manifester d'autres retours et marques d'intérêt : invitations presse, statistiques de plus en plus réactives à mon volume de travail, des professionnels m'ouvrant petit à petit leur porte, des organismes qui me contactent, m'appellent etc. ce qui m'a encouragé à perséverer dans la production de mes idées, articles, interviews et rencontres.  

Rencontres que j'aimerai apporter au sein d'un projet qui me tient à coeur, dans un cadre de formation et de conférences sur les métiers de la culture, des nouveaux médias et de la communication. Produire du contenu texte, photo et vidéo de pointe auprès des grands professionnels pour redistribuer pour et par le web cette valeur auprès du public.

Ce blog est le témoin d'un bagage et d'une curiosité tangibles pour ces secteurs, des qualités toujours soulignées par les professionnels qui ont pris le temps de me recevoir. Tout ce dont j'ai besoin dans le meilleur des mondes, c'est d'un cadreur/monteur et d'un web designer avec qui travailler dans la même direction afin de dégager un contenu à forte valeur ajoutée.  

Le blog a récemment pris le pas sur mes recherches "boulot "boulot"... tout en me permettant de rencontrer de nouvelles personnes. Drôle d'équilibre. De plus je dois trouver une autre façon de présenter mon travail, ce blog n'ayant toujours été qu'une étape.  

Merci à labeille et Rémi, mes premiers lecteurs, merci à Alex -et Landry- pour leur implication sous-terraine mais tangible sur ce blog, à Kook qui m'avait lancé au départ sur une NL, merci à Monsieur Attia, j'espère pouvoir collaborer concrètement avec vous, merci à Michael Jarry qui m'a montré que je pouvais faire de très belles choses avec un "pro", merci à David de me dire qu'il kiffe mes textes dans le tromé, j'te kiffe aussi, surtout depuis que je peux voir ton travail en ligne, à Thomas qui selon une légende urbaine parlait de mon blog à des potes vendeurs d'un magasin de jeu vidéo, merci à Fanfan, à Patrice Clos, merci aux professionels qui saluent mon travail et m'ouvrent de plus en plus leur porte. Et merci aux 700 personnes qui se rendaient ici ces derniers mois.

Time to spend more time working on serious partnerships, and to find a proper way to showcase the quality I see in media and people and bring it all to the public. Me, we. 


A bientôt.

Sylvain Thuret
sylthuret@gmail.com
Twitter : @sthuret

Photo Ariane : S.T.

 

 

 

Par Sylvain Thuret - Publié dans : R&D
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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 03:16

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Detective Dee... Dès les toutes premières images, celles de la bande annonce, j'ai senti un désir de cinéma peu commun. Un film d'enquête, avec des meurtres mystérieux, un héros romantique et toutes ces couleurs, ces costumes incroyables. Un petit pincement au coeur devant chaque colonne morris... Tsui Hark nous apporte encore des films en 2011. 

Tsui Hark, je l'ai découvert au cours des années 90 par le biais de l'émission de Nicolas Boukhrief sur Canal. C'était dans la mouvance du travail de défrichage menée par l'équipe de HK vidéo, dont les publications avant gardistes font aujourd'hui figure de référence absolue sur le cinéma asiatique. Le film diffusé cette nuit là était The Blade. Choc esthétique et sensuel, c'était là une rencontre frontale avec le cinéma asiatique et c'était pour moi totalement neuf, ça me changeait et de la Discrète, de tonton Spielberg et de Breaking the waves. Et c'était sacrément gonflé. Un film qui disait déjà que d'une blessure, d'un amoindrissement, jaillissait la beauté, celle de la persévérance, de la lutte, du mouvement. Le chaos du monde, la violence, cette énergie bouillonante qui explosera quelques années plus tard dans Time and tide, considéré par beaucoup comme son chef d'oeuvre, acte libérateur d'un retour au business après le passage obligé mais décevant par le cinéma américain. Ses producteurs ont avoué à quel point il est impossible de le tenir : à peine avait-il terminé de coucher le commencement d'une idée qu'il était déjà sur dix autres. C'était donc ça ce chaos orchestré à l'écran, ces tentatives à tout rompre, certaines ratées, d'autres à couper le souffle.

Dans Detective Dee, on sent à quel point le cinéaste se plie à un certain équilibre, au plan qui voudrait s'installer, durer plus que d'habitude, afin de laisser aux personnages, aux couleurs et aux décors leur chance d'exister, de respirer, d'être appréciés. Et l'on voit bien que c'est dur, toujours, qu'il a envie d'en découdre, on sent qu'il est déjà à la coupure, vite le plan suivant. Un peu comme cette façon que Scorsese avait d'installer des photos de famille dans Americanitalian, suffisement longtemps pour permettre à la rétine d'enregistrer l'information, mais avec une coupure à la limite du confort, comme un coup de sang, pour réveiller le spectateur, lui donner une gifle. Ici c'est très déstabilisant et quand enfin le réalisateur se laisse aller à des envolées et au mouvement, qu'il se laisse respirer au coeur de la contrainte, c'est magique. 

Cette contrainte, entre la discipline et l'envie de respirer, n'est pas seulement une question formelle ici. A la différence d'un Michael Bay qui coupe tous les 2,5 sec, la vitesse chez Hark ne répond pas d'un public perçu comme mongoloïde, dont l'attention span supposée serait réduite au minimum. C'est toujours la recherche d'un choc, d'une transgression, à la limite de la lisibilité. Un peu comme Jacques Demy qui joue exprès sur les couleurs pour friser le mauvais goût sans jamais totalement y tomber, mais avec la vitesse, le mouvement et la lisibilité. 

Ici, cette tension formelle connaît un écho au coeur de l'intrigue. Dee est un dissident du pouvoir Chinois, libéré sur ordre de l'impératrice qui voit en lui, au delà de leur rapport conflictuel, le seul homme capable de résoudre cette étrange série de meurtres, annonçant un probable coup d'état. Et Dee de se retrouver au service d'un pouvoir contre lequel il luttait autrefois, dans un hors champs évoqué au détour de quelques répliques. Ils jouent donc un jeu politique, jusqu'à l'allégeance finale de Dee à l'impératrice. Mais une allégeance teintée d'une certaine mélancolie. 

Pour Chronicart la fin de Dee est une pliance. Pour Yannick Dahan c'est beaucoup plus complexe, évoquant une sorte de twist final soulignant un désenchantement, un discours au silence tonitruant qui en dit long sur la place de Tsui Hark au sein du cinéma asiatique et mondial. 

Voici les trois plans successifs constituants la séquence finale, historique. 


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Dee de dos. Cheveux aux vents, après deux heures de chignon, il contemple l'eau d'une traverse au bois faiblissant. 

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Plan de coupe. La noblesse et la mélancolie habitent son regard. 

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Plan final, travelling arrière. Dee voit le soleil se lever et doit se retirer dans sa tanière. Il ne dit rien, c'est l'ancien du lieu qui lui cause "Le jour se lève, il est temps de regagner les ténèbres". Fin. 

"Le cinéma mène à tout" disait le petit suisse. Au point d'admettre qu'on est pas doué en histoire géo. Rassemblons nos lectures et pièces du puzzle. Avant la rétrocession de Hong-Kong à la Chine, Tsui Hark jouissait d'une certaine liberté. Time & Tide en 2001, c'était peut-être aussi ça : aller tellement vite et loin dans la rupture pour mettre à l'amende le cinéma d'action US dans lequel il s'était embourbé, fêter les retrouvailles avec son turf et célébrer aussi la fin d'une époque où Hong Kong n'allait peut-être plus pouvoir opérer aussi librement.

L'un de mes indics sur boogie street, Alex, me souligne la vague de films chinois très nationalistes ces dernières années. Tsui Hark a su faire perdurer toute une tradition populaire, tout en la dynamitant complètement. Et si la Chine voit un lui un excellent outil, comme l'impératrice peut voir en Dee son meilleur élément, Hark tient a affirmer son indépendance, voire sa singularité, au sein de cette nouvelle donne, au travers de son personnage.  

Dee est touché par la magie noire qui tue au contact des rayons du soleil. Et après l'allégeance qu'il voue à l'impératrice, il en paye le prix fort, devant rester confiné dans l'ombre et la nuit. Au sein d'un repère interlope pour les brigands du coin. Voici ce que l'auteur en dit dans Positif

Pourquoi Dee Renjie vit-il dans ce monde souterrain que vous appelez "bazar fantôme", un monde merveilleux qui est déjà en lui même un mystère ? 

Parce que nous voulions donner à la dynastie Tang un cöté extravagant avec quelque chose de sombre en filigrane, qui existait d'ailleurs derrière l'apparence superficielle de cette dynastie. Nous avons donc imaginé le "phantom plaza" pour pouvoir réunir les prisonniers, les hors la loi, les réprouvés, dont le code moral de la dynastie ne permettait pas l'existence. 

Si Hark roule peut-être pour un système qui le contraint, il conserve au final le final cut de l'ombre, cette ombre d'artisan paria et romantique depuis laquelle il nous envoie régulièrement des nouvelles, celle d'un cinéma atypique et fulgurant depuis 30 ans. Parce qu'il est asiatique, parce qu'il fait des "films de karaté" aux yeux du grand public et malgré sa présence récente au sein du jury Cannois, il semble que Tsui Hark ne quittera jamais la tannière des cinéphiles. Il le sait, il nous le dit et c'est dans ces moments aussi intimes que l'on sait à quel point le cinéma parfois, nous aime. Mais quel panache. 

Sylvain Thuret



Sources

Positif, Lorezo Codelli, entretien avec Tsui Hark, avril 2011, p.22.

Chonicart, critique de Guillaume Loison :
http://www.chronicart.com/cinema/chronique.php?id=12043


Opération Frisson, saison 8 épisode 8 :
http://yannickdahan.kazeo.com/Ope-Frisson-Saison-8/Operation-Frisson-Saison-8-pisode-8,a2202358.html
 

 

 

 

 

 

Par Sylvain Thuret - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 26 mai 2011 4 26 /05 /Mai /2011 14:55

gong-tv-logo-copie.jpgIl y a six mois je découvrais Gameology, émission présentée par le tandem bricolo-rigolo Johann & Gérard. Déguisés en Experts du pixel, ils décortiquent ensemble les jeux vidéo avec force vannes, et non pas force rouge. L'arbre n'allait pas tarder à révéler une fôret puisque le mystérieux logo ouvrant et fermant l'émission, GONG, s'avérait être celui d'une chaîne dynamique, que j'ai pu rencontrer pour mieux en comprendre les rouages. 

 

UNE OFFRE ATTRACTIVE 

En pleine expansion depuis son lancement en 2006, GONG se définit comme une chaîne de nouveaux médias.  Son positionnement éditorial, axé sur le manga et le jeu vidéo, s’adresse avant tout aux 15-25 ans. Pour la partie dessins animés, GONG peut se targuer d’une diversité attractive. « Nous sommes une chaîne de divertissement » commente Monsieur Bertrand Humblot (B.H.), vice président et responsable des partenariats. « Nous souhaitons démocratiser le dessin animé japonais, le rendre accessible. Parce que le secteur est vraiment dynamique, riche et intéressant avec des programmes très sympas que nous souhaitons proposer au public ». Cette diversité s’exprime au travers de Naruto-like, mais aussi de séries plus exigeantes comme Ergo Proxy ou la diffusion, depuis mi-avril, de Stand Alone Complex, spin off du Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. Cet éclectisme salvateur s’accompagne même de diffusions en VO sous-titrée ! 
 

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Pour rappel, le manga a connu un boom éditorial en France il y a une dizaine d’années. A la suite de Glénat et des éditions Tonkam, pionniers en la matière, les plus grands éditeurs du livre se sont mis à publier la production nippone avec un rythme croissant, touchant un public aujourd’hui composé de jeunes garçons et filles. C’est dans cette logique éditoriale, surfant sur la vague asiatique plus large des années 90, que son pendant animé, en long métrage ou en série, a vu sa place grandir dans le cœur d’une nouvelle génération « post DBZ ».




Du côté du jeu vidéo, on trouve bien sûr la déconnante Gameology (ici l'épisode 1 consacré à Bayonneta de Platinum Games) qui sous ses abords franquette en profite pour ouvrir son jeune public à une vision plus large et décomplexée du jeu vidéo, avec des sidenotes précieuses sur le groupe Cypress Hill ou The Warriors de Walter Hill. B.H. : « Gameology est sur le point d’entamer sa seconde saison et nous avons fort à faire, d’autant plus que l’on peut retrouver notre duo sur Direct Star depuis peu. Je souhaiterai pour ma part que cette seconde saison propose encore plus de contenu aux spectateurs, ce qui demande bien sûr un temps de préparation plus conséquent ». Deux autres émissions viennent panacher l’offre. Pushstart, qui traite plus directement de l’actualité et des sorties, est rutilante mais aussi un peu plus lisse. C’est là le prototype de l’émission introuvable sur le hertzien depuis 20 ans. Quant à Inside, comme son nom l’indique, elle propose des interviews de professionnels de l’industrie. Une autre façon d’aborder le jeu vidéo de l’intérieur, tendance qui tend à s’affirmer et qui valide, à mon sens, le jeu vidéo comme culture et comme industrie. Enfin, Davy Mourier a récemment rejoint la chaîne pour proposer, avec Roadstrip, des interviews liées à l’univers de la BD.   

Ce cocktail apporte un peu de fraîcheur, aux côtés de No Life et de l’ancêtre Game One, couvrant  des passions largement boudées, pour ne pas dire décriées, par les canaux hertziens traditionnels. Ce constat était d’ailleurs au centre du tout premier numéro de la Mensuelle en octobre 2007, alors une newsletter. Le fait est que la « formule », qui consiste à capter cette tranche d’âge connectée et mobile, commence à porter ses fruits puisqu’au travers de ses différents canaux de diffusion, GONG touche actuellement près de 500 000 spectateurs.


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ANIME ANYTIME ANYWHERE

Accessible au sein de packs sur les réseaux des opérateurs Free et Orange, la chaîne est accessible en « apetizers » sur Dailymotion et Youtube. GONG se veut au plus près des pratiques mobiles, avec une mise à disposition du service, via l'application GONG live, sur Iphone, Ipad et smartphones Symbian. On sent là une volonté d’intéresser une génération toujours en mouvement, pas si éloignée des pratiques des jeunes japonais, qui depuis 20 ans « consomment » des contenus en transit, de la Gameboy à l’explosion des téléphones portables. Regarder un DA dans les transports ou le soir dans son petit lit avec un Ipad, est un plaisir qui préfigure une révolution plus vaste.

Au sein d’une équipe opérationnelle d’une dizaine de personnes, jeunes, passionnés et dynamiques, ce sens de l’innovation et cette réactivité sont le reflet direct d’un contexte qui permet, au travers du web et de l’IPTV, un coût de production et de diffusion inférieurs à ceux de « l’ancien système ». Ancien responsable du hors-média chez TF1, monsieur Humblot me confie le plaisir de pouvoir travailler sur de la qualité, en terme de programmation et de diffusion, avec un coût plus maîtrisé. Concrètement, pour les spectateurs, cela se traduit par la mobilité évoquée plus haut, mais aussi par du contenu HD et la possibilité de rattraper certains épisodes manqués (la fameuse catch up TV).   


Flash.jpgNouvelle preuve de cette réactivité, mon hôte me fait la démonstration d'une application flashcode, très en vogue actuellement. Intégré au sein du flux, le flashcode peut être taggué avec un téléphone mobile ce qui permet d’accéder à du contenu supplémentaire en ligne.

De la bienveillance véhiculée par Gameology à la volonté d’impliquer sa communauté, par le biais d'une Comedy week mettant les spectateurs à contribution, la chaîne GONG semble toucher à des notions clefs telle que l'éthique d'échange et de partage qui se développe actuellement sur la toile.

Alors, vous reprendrez bien une louche de Loulou la brocante ? Comment ça non ? Vous voulez du GIST SAC ? Du Shamploo pour la Lain ? Du Manglobe sous la couette ? Mais comme je vous comprends. 

 Merci à Monsieur Humblot de m'avoir reçu.


 Sylvain Thuret
Ergo Samurai
 
 

SOURCES

Site de la chaîne :
http://www.gong.fr/

Sur Youtube :
http://www.youtube.com/user/GONGFrance

Photo-montage métro :
http://www.journaldugeek.com/2010/06/21/liphone-4-sinvite-dans-le-metro-tokyoite/ 

 

 


Par Sylvain Thuret - Publié dans : Audiovisuel
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Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 08:03

20 ans séparaient Days of heaven de The thin Red Line, qui avait vu tout Hollywood ramper pour faire partie du casting. Puis il revint "seulement" 7 ans après avec The New world en 2005. Nous sommes en 2011 et Malick palpe la palme avec The Tree of life... et il tourne ! Il serait actuellement en phase de production de son prochain long métrage. Voici simplement quelques photos de ce monsieur très discret, glanées sur Google. Avec en fin, la première photo, très "Days" de son prochain film.   

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Pour en savoir plus, je vous invite à lire la fiche qui lui est consacrée sur Senses of cinema et à bien sûr voir ses films : http://www.sensesofcinema.com/2002/great-directors/malick/

S.T.


    

Par Sylvain Thuret - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 22:11

Mon Pierre ce héros. 

 


Par Sylvain Thuret - Publié dans : R&D
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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 21:23

 

TRADUCTION

J'ai une Chevrolet '69 
Gonflée à bloc
Qui m'attend sur un coin de parking
Du drugstore "19-23h"
Moi et mon pote Sonny on l'a bricolée à partir de rien
Et il roule avec moi de ville en ville
On fait ça seulement pour l'argent, pas d'attaches
On les fait taire pour de bon

Oh ce soir, ce soir le macadame est à nous
Je vais les souffler dès la première
L'été est là et l'heure est parfaite
Pour nos courses volées dans la rue  

On prend tous les paris
Sur toute la partie nord-est de l'état
Des feux jusqu'à la nationale
Quand la rue s'éteint on leur colle le train
Certains gars laissent tomber par désespoir
Se laissent mourir à petit feu
D'autres rentrent du boulot, se nettoient
Et vont avaler du bitume

Je l'ai rencontrée il y a trois ans
Dans une Camaro, collée à ce mec de L.A
J'ai semé pour de bon cette Camaro
Et emmené cette petite avec moi
Mais voilà aujourd'hui des rides se rassemblent
Autour des yeux de ma nana
Elle s'endort en pleurant chaque soir
Quand je rentre tard dans la nuit
Elle soupire "Bébé est ce que tu t'en es bien sorti?"
Elle s'asseoit sur le porche de son mec
Mais tous ses beaux rêves sont écornés
Elle regarde seule dans le blanc de la nuit
Ses yeux disent à quel point elle déteste être née

A tous les marginaux et aux anges du rodéo
Qui passent sur cette terre promise
Cette nuit nous allons conduire jusqu'à l'océan
Pour y laver nos fautes

Oh ce soir ce soir, la route s'emballe
Vous feriez mieux de ne pas nous croiser
Puisque l'été est là et qu'il est l'heure
D'aller se poursuivre dans les rues.  

 

NOTES

Chanson phare (hum) de ses années turbines, où se mêle le thème de la (dé)route et la mélancolie d’un pays dont le mythe s'effiloche, Racing in the streets dresse un constat proche du film Two lane blacktop de Monte Hellman, qui voyait également deux jeunes mecs vivre pour la route et contre tout le reste. Je m'étiole, tu t'étioles, nous nous étiolons : "I wanted my street racers to carry the years between the car songs of the '60s and 1978 America" dit-il dans le livre Songs

La voiture, au centre ou dans le rétroviseur de nombre des chansons essentielles du Boss, Born to run, Thunder road, ou même Stolen Car, est toujours ce motif évoquant la fuite et la reconstruction du rêve américain, la quête de liberté gasoline. 

 

 

 

Townes en fit une reprise de grande claque sur l'album au cactus. Enfin ça c'était l'ancienne pochette du Road songs et je me refuse d'acheter cette réedition en ligne avec une autre photo. C'est toujours émouvant de voir un grand maître, peu connu du grand public reprendre une chanson d'un plus jeune, surtout qu'on ne lui avait visiblement rien demandé, au Townes. De manière générale, les chansons de Bruce Springsteen, bien qu'il soit aisément reconnu comme un étendard du rock late 70-80-90, ont souvent été reprises par nombre de groupes folk & country, des plus fameux aux plus obscurs. Savoir qu'un cowboy local en stetson est capable de vous balancer du Bruce un soir de concert matiné à la Bud, ça en dit toujours long sur la qualité et la place quasi instantanée que ces chansons ont prises dans le patrimoine culturel américain.

Demain, something completely different.

Sylvain Thuret
Born to run




 

Par Sylvain Thuret - Publié dans : Musique
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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 01:10

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J'ai reçu ce jour en service de presse la biographie de John Cale, Whats welsh for zen? qui paraît au Diable vauvert au moment ultra précis où j'écris ces lignes. Une marque de confiance, pour une belle lecture en perspective... et un prochain compte rendu pour vous les loulous !

S.T. 

 

 

Par Sylvain Thuret - Publié dans : Musique
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Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 22:49

TRADUCTION

Et bien Miguel venait d'une petite ville
Du nord Mexique

Accompagné de son frère Louis
Pour rejoindre la Californie il y a trois ans 

Traversant le barrage de la rivière
Alors que Louis avait juste 16 ans 
Pour trouver du travail, côte à côte, dans les champs de San Joaquin

Laissant derrière eux leur maison, leur famille
Leur père leur dit "mes fils vous apprendrez une chose. 
Pour chaque chose que le Nord vous accorde, il faut en payer le prix"

Ils travaillèrent ensemble dans les vergers
Du lever au coucher du soleil 
Un travail auquel renaclaient les gens du coin 

La rumeur courait que des hommes de Silanoa
Recherchaient de la main d'oeuvre  

Au tréfonds du comté de Fresno
Se trouvait un ancien poulailler
Et c'est là dans une bicoque en ferraille
A flan de ravin, que Miguel et Louis préparaient de la métamphétamine

Tu pouvais passer une année dans les vergers
Et gagner moitié moins qu'une journée dans ce poulailler
Mais si par mégarde tu laissais tomber un tube
L'acide pouvait bien te transperser la peau  
Et ils te laisseraient cracher ton sang en plein désert
Si tu respirais ces produits toxiques

C'était une soirée d'hiver, il était tôt
Miguel faisait le gué dehors
Quand la bicoque explosa
Illuminant la nuit sur toute la vallée  

Miguel transporta le corps de son frère Louis sur son épaule
Le long d'une gouttière naturelle vers la crique 
Et c'est là, au milieu des hautes herbes, que Louis Rosales respira son dernier souffle

Miguel souleva le corps de Louis, le déposa dans son camion pour le conduire
Là où la lumière du petit matin se répandait sur des plants d'eucalyptus
Il creusa pour prendre les 10 000 dollars qu'ils avaient pu mettre de côté,
Embrassa les lèvres de son frère et le déposa dans sa tombe.   

NOTES

Sinaloa Cowboys est l'une des chroniques de l'album Ghost of Tom Joad, qui raconte l'histoire de deux frères Mexicains venus tenter leur chance aux Etats-Unis et se frotter au rêve Américain. J'aime à penser que Tommy Lee Jones s'est inspiré de cette chanson pour son film Three burials of Melquiades Estrada. Aux côtés du Copland de Mangold et du très beau Lone star de Sayles, qui lui commanda une chanson pour Limbo, il s'agit là d'une oeuvre dont la sensibilité et les thèmes sont extrêmement proches du travail de Springsteen.

Cet album tour de force marque un épanouissement artistique, lui assurant, si le doute était encore permis, dix ans après le Born-in-the-USA-gate, une perenité légitime aux côtés des plus grands écrivains de la chanson nord américaine. La beauté et la richesse des arrangements, croisement de folk, blue grass et de ballades hispaniques (allez écouter ça sur une bonne chaîne stéréo nom de dieu) sert d'écrin à un travail de recherche et d'investissement personnel conséquent. La chanson titre, the New timer, Dry lightning, Youngstown, Sinaloa cowboys..., il n'est ni plus ni moins question que de regarder l'Amérique en face et de rendre des comptes, en dépassant pour de bon les limites de sa propre communauté d'ouvriers buveurs de Coors

La noblesse de la culture Américaine, que l'on oublie toujours de rappeler en France, se trouve dans sa capacité constante à se remettre en question. Ici, le "patron" embrasse tout le pays, les blancs, les mexicains, les drogués, les foupoudaves et si le tableau est sombre, décrivant au coeur des années Clinton une Amérique en pleine paupérisation, à peine éloignée de celle, prise en miroir, de 1929, le regard humaniste de son auteur apporte une grande lumière d'espoir. 

Plus tard, au coeur des années Bush, tandis que son camarade Neil Young prenait les armes avec Living with war, il remettait le couvert, après un Rising adressé aux familles et à la nation blessée. Mais cette fois, plutôt que de dresser un tableau in situ, il alla chercher du côté des chansons humanistes de Pete Seeger, comme pour rappeler en douce et sans avoir l'air d'y toucher, certaines valeurs. Un grand parmi les plus grands, définitivement. 

Demain, Racing in the streets

Sylvain Thuret

 


 

 

Par Sylvain Thuret - Publié dans : Musique
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Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 01:04

 

TRADUCTION

J'ai fait la connaissance d'une petite
Et l'on s'est mis à la colle, aux abords de la ville

Nous nous sommes mariés et juré fidélité
Et puis petit à petit nos coeurs l'un de l'autre, se sont détachés

Au début je pensais que c'était juste mon instabilité
Qui s'évanouirait au fil de notre amour
Mais au final c'était plus que ça peut-être
Qui nous a séparé et fait pleurer

Et je conduis une voiture volée
Le long de l'avenue Eldridge 
Chaque nuit j'espère être coffré
Mais cela n'arrive jamais

Elle m'a demandé si je me souvenais des lettres
Que je lui écrivais au début de notre relation, naissante et passionnée
Elle m'a dit avoir relu ces lettres
Qui lui ont donné l'impression d'avoir un siècle

Et je conduis cette voiture volée
La nuit est noire de jais
Je me raconte que tout va bien aller
Mais je chevauche chaque nuit, la peur au volant
De disparaître pour de bon, dans tout ce néant.

 

NOTES

Stolen Car est parue au sein du double album The River en 1980 et semble prolonger les incertitudes de Darkness on the edge of town, une transition douloureuse et incertaine dans les années 80, qui seront dominées par le capitalisme. L'album a été enregistré pendant une phase de récession économique et le mariage, avec la promesse d'un bonheur familial, ne semble pas répondre à l'incertitude du narrateur quant à son avenir. La voiture volée est pour moi la métaphore d'une vie envahie par le doute et la culpabilité, "c'était donc ça la promesse du mode de vie américain". Mais aussi la fuite en avant vers l'inconnu, loin du confort d'une relation de couple. L'idée de tenter la loi avec le vol d'une voiture, renvoie également à la quête du père, de la direction et du sens. Cette image d'une voiture engouffrée par le néant, on la retrouvera notamment dans Highway Patrolman sur Nebraska, qui paraitra deux ans plus tard.  En 1995, James Mangold résumera tout Springsteen et son amour des petites gens dans Copland avec une scène anthologique, analysée ici au tout début de la Mensuelle : http://lamensuelle.over-blog.fr/article-34145490.html

 

Demain, Silanoa Cowboys.

Sylvain Thuret
Bruce almighty

 



 

Par Sylvain Thuret - Publié dans : Musique
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