Breaking news : Zombo propose une newsletter

Publié le par Sylvain Thuret

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Attention, information 33 tonnes. Le site pionnier de la communication totale en ligne et du web 4.0, Zombo.com, sans qui Facebook, Google, MSN et Caramail n'auraient pu voir le jour... étoffe son offre de service. Avec une newsletter. Si, si. Incroyable mais vrai. 

 

Vous avez manqué le début
Sur la naissance de Zombo.com, les avis des experts divergent et comme vous le savez sûrement, dix verges, c'est énorme. Le site est probablement lancé par un anarchiste surréaliste informaticien de première bourre entre la toute fin des années 90 et les trois premières années 2000 (le wikipedia qui lui est consacré = 1999). Soit au moment où le web commençait sa démocratisation à grande échelle au travers de sa première grosse crise certifiée, après une phase d'effervescence folle dite de la "bulle" à base de startups, de business angels, voire de ouiches lorraines. 

L'expression "Autoroutes de l'information", largement relayée par le gouvernement et les medias grand publics français n'était pas encore tout à fait morte dans les esprits et l'on spéculait grave sur l'avenir et les promesses du net. Allait-il survivre à ce premier crash ?

Au Japon Kiyoshi Kurosawa pousse Videodrome et Ring à l'ère de la webcam avec Kairo, 10 ans avant chatroulette. D'autres oeuvres, Avalon et Serial Experiment Lain questionnent notre rapport à la technologie et aux réseaux. Que va devenir notre vie dans le monde connecté ? 

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Aux States, AOL n'est pas encore LOL, Microserfs de Douglas Coupland, publié initialement en 1995, arrive en France Ryan Adams publie Heartbreaker, puis les Twin Towers s'effondrent en un fracas d'images collectives broadcastées en mondivision. Tout comme Max Renn, David Pujadas et les journalistes encartés du vieux système se prennent le nouveau monde des images en pleine poire, monde qu'ils ont en partie bati sans pour autant prendre un quelconque recul. Ce jour là Adams sort Gold, son second disque qui a le pif de s'ouvrir sur "New York-New York". L'album contient pas mal de grandes chansons mais demeure moins cohérent que son grand frère. Matt Reeves et JJ Abrams disent tout ce qu'il faut savoir sur le 11 septembre et l'apparition d'une collectivisation DIY de l'information dans leur film Cloverfield, quelques années plus tard.

Ces derniers jours, dans la tourmente Japonaise, ce discours est enfin arrivé au "cerveau" avec nos chères télé qui soulignent la place de l'électronique dans la société Japonaise (Claire Chazal, 20h du 13 mars 2011), ce qui explique l'afflux massive d'images shaky, non professionnelles et en prise directes avec les événements. Avec l'effet quelque peu rigolo de voir TF1 recueillir la parole de français expatriés et touristes sur place. Comme si les japonais, fournisseurs et victimes officielles de l'événement image, restaient ce corps étranger. 

Dans la sphère informatique, Google, puis Facebook et enfin Twitter ont changé nos vies ou presque, avec des échanges instantanés d'informations et contenus en tout genre, là où l'ancien système fonctionnait en top down : "nous sélectionnons pour vous, mangeurs de loto, car c'est là notre métier". 

Voilà, la tente est à peu près posée.

 

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"The only limit is yourself"
Zombo.com, c'est le site performatif et performant où tout est possible, où le web devient concret, où la pipe fume réellement. Comment, pourquoi  et avec qui ? Vous êtes accueillis par un carrousel de couleurs hypnotique, une musique sortie d'un épisode de Oui-oui et une voix chaude à l'accent des iles vous murmure à l'oreille que vous êtes là. Que c'est bien. Et que le fait d'être là, sur Zombo.com, vous permet de tout faire, au paradis de l'immatériel et du service en ligne. Absolument tout. 

Tel le gobeur de loto, vous entrez en transe. Les portes de la perception s'ouvrent à vous. Le carrousel devient votre ami. Ses couleurs sont celles de tous les possibles. Vous sentez monter une foi indélébile en vous même et vos possibilités. Le web est à vous et vous êtes le web. Because "you can do anything! Anything at all! On Zombo.com welcome!".

On ne savait pas encore à l'époque tout ce que l'on sait aujourd'hui sur le web et la place qu'il prend à tous les niveaux de la société mondiale, de la drague en ligne aux révolutions berbères. Nous avancons tous de manière empirique et ceux qui ont la bonne idée et arrivent à faire se mouvoir les masses semblent être les nouveaux dieux de l'échiquier média. Twitter, un service gratuit, vient d'être évalué à près de 7 millards de dollarsZombo peut ainsi être perçu comme une satire du web et de ses promesses. Sa longévité et sa présence en 2011 en font une ressource précieuse. C'est un favori que je consulte environ tous les 2-3 ans, histoire de suivre le développement du site et ses joyeuses perspectives. 

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On se souvient tous des premiers sites avec des signes "en travaux", "WIP", ouverture prochaine ect. Au tout début, je croyais bien que le site allait "ouvrir" un jour. Que c'était là, la page de garde. Et puis il fallut bien se rendre à l'évidence. Le site se tenait là. Il existait, tout simplement, dans toute sa gloire. 

Au cours des années, le site fut un moment off the chart, kaput, down, plus accessible. Mince, la blague avait tourné court. Ma joie fut grande de retrouver le site actif par la suite. Le texte de notre hote se retrouvait étoffé de quelques phrases coué supplémentaires. Plus tard, il était question de commander des T-shirts... 

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Hier soir, lors d'un battle de links avec une Facebook friend, je lui sortais Zombo.com en bout de course, un peu à court d'idées. Car tous les chemins mènent à Zombo. Et là, alors que je contemplais une énième fois la promesse d'un monde meilleur et que je me laissais entrainer dans une ronde de couleurs, je vis apparaître, comme un flash, au bout de 8 min, la ligne suivante : 

"Zombo lance sa Newsletter". Je me précipite mais la ligne disparait aussitôt. Je reste donc à nouveau devant mon écran. La ligne réapparait. Et là, je clique : 

 

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"Sorry this is not working right now. Thanks for your patience", règne en police Times new roman sur une page magnifiquement blanche : Zombo, je n'en attendais pas moins de toi.

Pour paraphraser le cowboy du Big L. ça fait du bien de savoir que tu es là, que tu perdures, que tu te développes à ta façon, à ton rythme, sans agenda et que tu participes, avec tes moyens, tes idées, ton rien et ton tout, à notre bonheur le plus total. Du fond du coeur, merci. Rendez-vous dans deux-trois ans. 

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MUCH MORE

Zombo wiki :
http://en.wikipedia.org/wiki/Zombocom 

xkcd sketch :
http://xkcd.com/855/

Le script complet sur Uncyclopedia :
http://uncyclopedia.wikia.com/wiki/ZomboCom

Une analyse fouillée :
http://encyclopediadramatica.com/Zombo.com

Le T-shirt commandable online ? :
http://www.15footstick.com/modules.php?op=modload&name=EZCMS&file=index&menu=14&page_id=6 


 

 


Publié dans R&D

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