FORUMEDIA : journée 1

Publié le par Sylvain Thuret

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Le 17 et 18 mars 2010, l'école de management Euromed, située sur le campus de Luminy à Marseille, organise une journée forum média en présence de professionnels de l'audiovisuel. Voici un petit aperçu de la première journée du 17 mars, composée d'une série d'ateliers et d'une conférence réunissant des professionels de la télévision. 
 
Pour les ateliers en début d'après midi, le choix fut difficile, entre une introduction pratique aux outils de création numérique, un atelier dédié à la tendance des Serious games, un autre sur les aspects juridiques liés à la création numérique et une conférence ouverte sur la recherche en matière de gestion culturelle. C'est à cette dernière conférence de haut niveau que j'ai pu assister en compagnie de Messieurs Lionel Maltese, Maître de conférence et consultant en management des organisations sportives, Olivier Kermidas, chargé de mission culturelle travaillant actuellement sur les retombées de l'opération Picasso pour la Communauté du Pays d'Aix, Félix Weygand, professeur à l'EJCM qui s'intéresse de près à la gratuité des choses et Lucien Véran, instigateur de cette rencontre. 


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Le niveau des échanges, qui traitaient notamment de la place et des espaces de publication francophones et anglophones pour les sujets traitant de la gestion et stratégie des entreprises culturelles et créatives, m'a rappelé mes jours au Celsa, et mon séjour plus récent à l'université de Churchill à Cambridge. Ont été abordés dans ce cadre les problématiques habituelles du quali vs quanti, d'une analyse empirique parfois en bute aux statistiques, passeports souvent incontournables pour publication, de la répartition des sujets traités dans les publications françaises et étrangères, principalement anglophones etc La moyenne d'age des intervenants ne dépasse pas 35 - 40 ans, ces personnes se montrent à la fois accessbiles, ultra dynamiques et connectés, notamment aux organisations, ce qui n'est pas un mal si l'on considère que la fac doit en France se rapprocher des entreprises et non pas rester cette tour d'ivoire, tenante d'un savoir théorique qui peut devenir stérile dès que l'on met les pieds dehors.  
 
Puis, de 17h a 19h, il y eut une conférence intitulée "De la chaine au réseau, transmedia, global média, univers média". Qui est une façon de dire qu'Internet prend toute la place et que le télévision doit réagir. Se sont exprimés tour à tour : 
 
- Jean-Baptiste Soufron (http://www.soufron.com), directeur du think tank de Cap Digital. Aussi bien au fait de la dernière série bricolée de Joss Whedon que du succès de Modern Warfare 2, il croit visiblement très fort en la conciliation du "vieux monde", ce qu'il appelle le modèle "Topdown" (modèle descendant, nous produisons, vous recevez) et le nouveau modèle participatif (nous produisons tous ensemble, qui que nous soyons, sur la toile).  En même temps c'est visiblement la mission de son entreprise Cap Digital de proposer des solutions "2.0" aux entreprises qui souhaitent prendre le train en marche sans avoir réservé de billet à l'avance. C'est lui qui a animé la conférence de manière très dynamique et avec pas mal de répondant. 

- Philippe Chazal, conseiller du président d'Arte, a beaucoup appuyé et de manière très sereine sur la diversité des contenus et le déploiement de la plateforme Arte TV.com. Avec un projet d'incubation d'artistes en cours ayant pour nom "Arte Active", sorte de "Villa Medicis 2.0" dit-il. Quand Monsieur Soufron l'a titillé sur les sources de revenus de la chaîne, il a bien sûr été rappelé qu'Arte étant une chaîne du service public, elle était déliée de certaines contraintes d'audience, "tout en devant en avoir dans l'absolu". "Par exemple un soir nous allons tenter un risque, pour rééquilibrer un autre soir avec un programme dont on sait qu'il sera plus fort (comprendre fédérateur, NDR)". Il donne l'impression qu'Arte n'a pas vraiment à se soucier de la "concurrence du web". Pourquoi ? Quand TF1 ou M6 donnent dans la TV Réalité en 2001, c'est le "it" thing, le truc que tout le monde veut voir. Maintenant que chacun peut aller chercher son propre programme et consulter la vie des autres sur Facebook, il devient plus difficile de vendre ce modèle de télévision.

- Pascal Lechevalier, directeur de la branche TF1 Vision, dédiée à la diffusion de VOD, un service de "vidéo à la demande" qui n'existait pas il y a encore 5 ans. Au fait des choses en jeu, notamment du piratage et des exigences des spectateurs, il nous a fait part des dernières directions et tentatives prises comme le "preview" pour des séries US inédites, diffusées en ligne des mois avant la diffusion sur la chaîne et la production d'une web série gratuite, Clem, ayant d'après lui reçu les faveurs du web public. Un homme carré et réactif face à une situation délicate... Pendant des années, TF1 a misé sur Navarro (cible senor) et la Star Ac (cible pré-ado) en désertant la ligne des 20-35... aujourd'hui au coeur de la culture web... Son utilisation récurrente de l'expression "accompagner le spectateur" montre bien que l'enjeu est ailleurs et que la télévision n'est plus l'unique média de référence des jeunes actifs. La télévision que nous avons connue n'est plus la première prescriptrice de contenu. 

- Monsieur Souloumiac, Directeur de France Télévisions Interactive. Extraits :  
"La télévision reste le diffuseur de référence, pas le web. Est ce qu'on imagine les élections sur le web ?" ; 
"Alors on ne peut pas faire n'importe quoi. Nous avons un cahier des charges a respecter (...) Nagui marche très fort (...)" ; 
"Vous savez quel est notre programme le plus vu sur le web ? Taratata !"
"Des webséries ? Je ne vois pas de webseries susceptibles de nous intéresser. Mais si elles existent, nous pourrions bien sûr les diffuser" ; 
"Nous sommes dans une dynamique de modernisation. Nous avons vendus 500 000 DVDS de notre programme Apocalypse".

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Les seuls finalement à aborder le "global media" avec un regard d'ouverture et même d'espoir, et non parce qu'il faut bien sauver les meubles, sont les représentants de la chaine Africa numéro 1, Jean Nativité Ongala et Junior Mangoumba. Paradoxalement, leur statut de "télévision en voie de développement" qui ne possède pas les mêmes moyens et les mêmes problématiques culturelles que les télévisions du nord, les placent dans un tout autre rapport vis à vis du web. "Nous sommes en phase d'observation, en Suisse, en Angleterre, en France. Nous observons ce qui se fait et nous prenons des notes". Il viendra peut-être un moment où il sera intéressant de voir, à notre tour, les choix qu'ils auront effectué.  

Pour finir, j'ai été amusé de voir que, face au modèle du web participatif et déclaré "amateur" en terme de production values, tous les intervenants n'ont cessé de citer Avatar et son succès technologique et public comme un étendard du modèle de production traditionnel. Ce à quoi j'ai envie de répondre : on parle de James "One of a kind" Cameron. Il s'est montré le seul à faire ça, c'est à dire à redonner du souffle au cinéma hollywoodien FACE au jeu vidéo. L'avenir, c'est l'intermédiaire, c'est Heavy Rain. C'est l'interactivité. Pas le "top down". Mais ça, ce n'est que mon avis personnel.

A vous Cognac Jay.

S.T. 

LIENS
http://forum-media.euromed-management.com/accueil/ 





 
 

Publié dans Audiovisuel

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LABEILLE 05/04/2010 14:29


Punaise, c'est trop pointu pour moi tout ça ! Intello, va !
Un univers que je ne connais décidément pas...