Et maintenant, un grand moment de cinéma

Publié le par Sylvain Thuret

 




15 minutes of greatness
Youtube étant un outil magique et protéiforme, voici l'occasion de partir en chasse des séquences et plans de cinéma qui ont eu un impact majeur chez moi. 
 
Le dernier quart d'heure du Dernier Mohicans est un "test", capable de sceller une amitié. Je l'ai reconnu à la troisième vision vers 1994 (j'avais 15 ans) et je le retrouve célébré aujourd'hui sur youtube et imdb, magie du net qui permet de mettre un nom sur les choses. Je me souviens parfaitement de la fois où j'en ai parlé a mon meilleur ami, dans nos toutes premières années : "ce dernier quart d'heure, quand même" et lui "oui". 15 ans après nous sommes toujours amis, Mann est devenu Mann et nous parlons toujours de cinéma. Et cette séquence n'a pas bougé, elle semble immuable. 
 
Nous assistons à une poursuite muette emmenée au son d'une musique lancinante et romantique. La course, la lutte, l'amour, la famille, la nature, tout cela est condensé pour un climax à la fois romantique et bourré d'action. Tout y est incroyable, que ce soit la musique elle même, le montage dont les ralentis semblent être les enfants d'un film de Peckinpah, cette volonté de cadrer les visages, les corps et la nature en cadence et de façon équilibrée, la façon dont les regards sont un poids contrepoint aux coups de feu, l'utilisation de la voix ("Uncas", le cri). Tout cela est d'un niveau stratosphérique agissant réellement sur les sens et l'affect. L'action est conditionnée à la situation, aux enjeux finaux du film. 
 
C'est sans doute grâce è cette séquence que je suis sorti de ma torpeur de simple consommateur de films et que je suis devenu un spectateur plus exigeant, en recherche de beauté et d'ingéniosité. C'était avant que le nom de Mann prenne autant d'importance dans ma vie de cinéphage. Cette séquence me donnait des frissons à l'adolescence. Rien n'a changé.   

Prochain épisode : The Searchers, ouverture et fermeture. 

     

Publié dans Cinéma

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